Après le rejet de l’entente du syndicat NALC : Organisons la classe ouvrière pour sauver le service postal américain !

Entrez dans la lutte pour que la base prenne les choses en main ! Rejoignez le Comité de base des travailleurs de USPS en remplissant le formulaire à la fin de cet article.

Camion USPS [Photo by Flickr/Lisa Brewster / CC BY-SA 4.0]

Le Comité de base des travailleurs de USPS salue le rejet par nos confrères et consœurs de l'entente de principe pour les facteurs urbains, pour la deuxième fois seulement en 55 ans. Les facteurs ont pris position non seulement contre les salaires de misère, mais aussi contre la conspiration visant à privatiser USPS et à supprimer des dizaines de milliers d'emplois, dans le cadre du programme « Delivering for America ».

Mais la lutte n'est pas terminée. Elle ne fait que commencer. Nous devons nous préparer à lutter contre l'ensemble du cadre anti-ouvrier du « droit du travail » qui sera utilisé pour nous dépouiller de nos droits.

USPS et la National Association of Letter Carriers (NALC – syndicat des facteurs) ont jusqu'au 18 février pour présenter une nouvelle proposition à soumettre au vote. L'étape suivante de ce « processus » est l'arbitrage contraignant. Cela signifie que les administrateurs de USPS et les bureaucrates de la NALC feront appel à un arbitre « neutre » pour imposer l’entente que nous venons de rejeter, avec quelques changements cosmétiques tout au plus.

La bureaucratie de la NALC, dont le président Brian Renfroe, dira que nous ne pouvons rien faire en raison de l'interdiction de grève des travailleurs fédéraux. Ils acceptent passivement ce déni flagrant de nos droits en vertu du premier amendement. Ce faisant, ils démontrent qu’ils sont des laquais des administrateurs de USPS et des politiciens pro-patronaux. Les postiers n'ont jamais rejeté l'arme de la grève et l'ont utilisée en 1970 et 1978. Les dispositions relatives à la grève figurent toujours dans la constitution de la NALC, que les bureaucrates ignorent commodément.

La pire chose que nous puissions faire est d'attendre la prochaine convention collective et les nouvelles élections syndicales pour nous battre. S'ils arrivent à leurs fins, ce sera la dernière convention collective avec USPS en tant qu'entité publique. En ce qui concerne les élections syndicales, l'expérience prouve qu'aucune « pression » ni aucun jeu de chaises musicales au sommet ne changera leur nature de traîtres pro-patronaux. Chez UPS, les soi-disant « réformateurs » d'hier au sein du syndicat Teamsters contribuent à la mise en œuvre de réductions massives dues à l'automatisation, tout en mettant les ressources du syndicat à la disposition de l'administration de droite de Trump.

Nous devons agir maintenant pour riposter. La première étape consiste à adopter le principe selon lequel l'ensemble de ce processus n'a aucune légitimité. Nous devons nous organiser indépendamment de la bureaucratie du NALC et faire appel à un soutien aussi large que possible dans la classe ouvrière. Nous devons mettre en place un réseau de comités de base dans les bureaux de poste du pays. Ces organes, ouverts à tous les travailleurs de USPS, mais excluant strictement les représentants de la direction ou du syndicat, nous donneront le pouvoir d'appliquer nos décisions démocratiques, de contrecarrer les violations de nos droits et de transférer le pouvoir à la base.

En affirmant notre indépendance, nous nous placerons dans la meilleure position possible pour faire face aux attaques qui se profilent.

Nous devons également tirer les leçons d'autres luttes contre les ententes de trahison. Il s'agit notamment du contrat ferroviaire 2022, où les travailleurs ont affronté les lois antigrèves, les deux partis et une « médiation » bidon.

En plus d’exiger des salaires réels qui dépassent de loin l'inflation, nous devons lutter contre la suppression des itinéraires et la fermeture d'installations, contre le système de surveillance électronique TIAREAP – qui nous a été imposé par un « protocole d’accord » –, l'absence de dispositions de sécurité dans la chaleur et le froid, mettre fin aux mauvaises conditions des CCA (assistant facteur urbain), et par-dessus tout, sauver USPS en tant que service public et non en tant qu'entreprise à but lucratif.

Nous proposons à nos collègues d'adopter les revendications suivantes comme « lignes rouges » pour toute future convention collective :

1. La fin de Delivering for America et la garantie de l'avenir de USPS en tant qu'agence gouvernementale. Tous les itinéraires de livraison et les bureaux de poste locaux fermés dans le cadre de ce programme au cours des dernières années doivent être rouverts.

2. La fin du TIAREAP et des autres systèmes de contrôle.

3. Des augmentations de salaire supérieures à l'inflation, des ajustements adéquats du coût de la vie et le financement intégral des soins de santé et des pensions.

4. L'embauche de tous les CCA à temps plein, avec un salaire à temps plein.

Mais l'enjeu est bien plus important que les conventions collectives de la NALC ou, d'ailleurs, des transporteurs ruraux de la National Rural Letter Carriers Association et des commis de l'American Postal Workers Union.

L'administration Trump se déchaîne contre la classe ouvrière, les travailleurs fédéraux et les immigrés étant les premiers visés. Violant la Constitution et des décennies de droit chaque fois que cela l'arrange, Trump prévoit de détruire tous les programmes gouvernementaux qui ne sont pas directement liés à la guerre, au maintien de l'ordre dans les quartiers populaires ou à l'acheminement de l'argent vers Wall Street.

Des représentants de Trump ont déjà confirmé au Washington Post qu'il avait l'intention de privatiser USPS. Tout ce qui n'a pas été démantelé du réseau postal sera remis à des oligarques comme Elon Musk et Jeff Bezos, où les travailleurs seront exploités au maximum pour faire des profits pour Wall Street.

Les attaques de Trump contre les travailleurs immigrés font partie d'une violation systématique des droits de l'ensemble de la classe ouvrière. Si, comme il a l'intention de le faire, il peut déporter des millions d'immigrés sans papiers, mais aussi des immigrés « légaux » et même des citoyens américains, y compris vers les sites noirs de Guantánamo Bay et d'ailleurs, alors personne n'est à l'abri. Il tente de redéfinir la citoyenneté, auparavant basée sur le fait d'être né sur le sol américain, comme étant l'obéissance et la loyauté envers le gouvernement.

Les bureaucrates de la NALC disent que nous devons obéir consciencieusement aux lois anti-ouvrières, mais Trump ne se contente pas d'ignorer la loi, il en enfreint délibérément autant qu'il le peut afin d'instaurer une dictature présidentielle. Pendant ce temps, les démocrates lui donnent les moyens d'agir et les responsables syndicaux ne font rien ou le soutiennent ouvertement.

Interdire notre droit de grève n'est pas seulement une violation de nos droits au premier amendement, mais nous prive complètement de notre principal moyen de nous défendre contre les suppressions d'emplois. En 1981, Ronald Reagan a licencié les contrôleurs aériens PATCO pour avoir osé faire grève contre les sous-effectifs. Aujourd'hui, Trump et Musk licencient des centaines de milliers de travailleurs fédéraux sans autre raison que d'accorder davantage de réductions d'impôts et d'occasions d’affaires aux oligarques.

Sauver la poste est totalement lié à la défense des droits démocratiques. L'avenir de la classe ouvrière aux États-Unis et dans le monde entier est en jeu.

Notre pouvoir réside dans notre nombre. Les travailleurs, qui créent la richesse mondiale, peuvent vaincre la conspiration d'une poignée de fascistes et d'oligarques. Aucun de nos droits n'a été obtenu sans une lutte contre le pouvoir de l'élite patronale. Cela inclut les grèves postales de 1970 et 1978. Tout ce que nous avons gagné en plus d'un siècle est en train de nous être retiré.

Les facteurs urbains doivent appeler à l'unité de l'ensemble du personnel de USPS. Les facteurs ruraux et les commis doivent se joindre à notre combat, car notre convention collective servira de modèle à la leur. Nous devons également établir des lignes de communication avec les travailleurs du gouvernement fédéral confrontés à des licenciements collectifs, ainsi qu'avec les travailleurs du secteur privé chez UPS, Fedex et d'autres.

Il est essentiel que nous fassions appel au soutien des travailleurs postaux du monde entier. L'année dernière, les travailleurs de Postes Canada ont mené une grève nationale, qui a finalement été arrêtée par le gouvernement fédéral. En Grande-Bretagne, les travailleurs de Royal Mail luttent contre le rachat de l'entreprise par le milliardaire Daniel Kretinsky.

Dans ces pays et dans d'autres, les travailleurs ont formé des comités de base pour s'opposer à la fois à la direction et à la capitulation des syndicats. Ils sont affiliés à l'Alliance ouvrière internationale des comités de base (IWA-RFC).

Si vous êtes d'accord avec cette perspective, rejoignez-nous dès aujourd'hui ! Contactez-nous en remplissant le formulaire ci-dessous.

(Article paru en anglais le 14 février 2025)

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