Perspective

L’État policier de Macron fait la guerre aux travailleurs français

Le 1er mai, journée internationale des travailleurs, Macron a envoyé des hordes de CRS attaquer des millions de travailleurs qui manifestaient contre sa réforme des retraites, imposée malgré une opposition populaire écrasante. Les Street-medics ont pris en charge 200 manifestants blessés, dont 30 grièvement, et 2.000 cas d’inhalation de lacrymogène.

C’était plus qu’une simple marque du mépris du «président des riches» pour les travailleurs. C’est un avertissement pour les travailleurs en France et à l’international sur comment les États capitalistes réagissent à l’opposition de masse. Macron se tourne vers un niveau de répression politique sans précédent depuis le régime collaborationniste de Vichy.

Face à la colère ouvrière contre une réforme rejetée par 75 pour cent des Français, il gouverne par la violence policière. Le niveau de violences policières en quatre mois de manifestations atteint rapidement le bilan énorme de violences policières contre les «gilets jaunes» mobilisés contre les inégalités. A cette époque, il y a eu plus de 10.000 gardes à vue, 4.400 blessés dont 30 mutilés, et une habitante de Marseille, Zineb Redouane, tuée à 80 ans.

En 2023, lors de chacune des 14 journées d’action contre la réforme, il y a eu des centaines de blessés et d’arrestations. Les forces de l’ordre chargent les manifestants pacifiques devant les caméras de télévision, les éborgnent avec des LBD, leur arrachent les mains avec des grenades de désencerclement, agressent les journalistes qui les filment, et frappent et narguent les manifestants sans défense qu’ils ont arrêtés.

Ce gouvernement gouverne sur la base de la violence organisée contre la population.

Cette répression fait exploser l’idée que l’OTAN attaque la Russie en Ukraine pour défendre la démocratie. Macron foule la démocratie aux pieds pour amputer les retraites de milliards d’euros afin de financer ses cadeaux fiscaux riches et d’augmenter de 90 milliards d’euros les dépenses militaires. Ces mêmes intérêts impérialistes qui poussent l’OTAN à faire la guerre à la Russie les poussent également à instaurer un État policier à l’intérieur.

Le «World Socialist Web Site» a écrit dans son appel pour le 1er mai 2023 qu’un mouvement révolutionnaire se développe parallèlement à l’escalade de la guerre: «Les mêmes contradictions économiques, géopolitiques et sociales qui poussent les élites dirigeantes impérialistes sur la voie de la guerre fournissent l’impulsion objective pour la radicalisation de la classe ouvrière et le déclenchement de luttes révolutionnaires.»

Malgré les violences répétées, Macron n’a pas été en mesure de maîtriser le mouvement de masse, qui reflète une profonde colère sociale.

Les violences policières massives contre les travailleurs en France conduisent à une conclusion: il n’y a rien n’a négocier avec Macron. Il faut le faire chuter par une grève générale.

Les deux tiers des Français veulent une grève générale pour bloquer l’économie. Mais cela nécessitera la pleine puissance sociale et industrielle de la classe ouvrière, contre les tentatives des partis de pseudo-gauche et des appareils syndicaux de stopper le mouvement.

De nombreux éléments indiquent que les milieux dirigeants internationaux s’alarment de la colère ouvrière en France. La promulgation de sa loi par Macron n’a pas légitimé sa réforme, mais délégitimé son gouvernement, alors même que des grèves contre l’inflation et l’austérité sociale se multiplient en Allemagne, au Royaume-Uni et à travers l’Europe et au-delà. Ce 1er mai, divers États capitalistes ont rompu leur silence de longue date sur les violences policières en France.

A l’ONU, la Suède a appelé la France à «prendre des mesures pour répondre — de manière transparente — aux allégations sur l’usage excessif de la force par la police et la gendarmerie contre les manifestants lors des manifestations.» La Russie s’est dite préoccupée par les «mesures sévères et parfois violentes visant à disperser des citoyens pacifiques».

La Chine a demandé à la France de «stopper les mesures violant les droits des migrants», et les USA ont exhorté Paris à soutenir «la lutte contre les crimes et les menaces de violence motivés par la haine religieuse».

Au Danemark, SaxoBank a publié une note émettant l’hypothèse d’une démission de Macron en réponse à la crise provoquée par l’absence de soutien parlementaire à sa politique d’austérité.

Ces déclarations ne reflètent pas une soudaine opposition aux violences policières en France ou une volonté de réforme démocratique. Des millions de personnes croupissent en prison dans ces pays, à commencer par les USA, où la police tue en moyenne trois personnes par jour. En réalité, les dirigeants de ces pays commencent à perdre confiance en la capacité de Macron de gérer la crise et ainsi défendre les intérêts de l’oligarchie financière.

Ils craignent une éruption révolutionnaire en France qui menaceraient leur propre imposition des mêmes politiques dictatoriales d’austérité salariale et sociale à l’intérieur et, dans le cas des puissances de l’OTAN, leur guerre contre la Russie à l’extérieur.

Toutes les élites dirigeantes capitalistes se souviennent que la grève générale de Mai 68 a déclenché une vague internationale de luttes révolutionnaires. En Europe, des gouvernements ont chuté en Grande-Bretagne, au Portugal, en Grèce et en Espagne, et des dizaines de millions de travailleurs se sont mobilisés en Allemagne, en Italie et au-delà. Ceci a contribué à radicaliser une génération de jeunes à l’échelle mondiale.

55 ans plus tard, trois décennies après la dissolution de l’URSS par la bureaucratie stalinienne, une nouvelle montée de la lutte des classes secoue le monde. Les élites capitalistes, impulsées par les contradictions insolubles, géopolitiques et financières, du capitalisme mondialisé, s’enfonçant toujours plus dans une guerre mondiale, n’ont pas de réformes à offrir. A la montée de l’opposition et de la colère ouvrières, ils ne réagissent que par la violence policière.

La classe ouvrière doit faire chuter Macron. Il s’agit de s’organiser, non pas pour peser sur la classe dirigeante en vue de réformes démocratiques nationales, mais de mener une lutte internationale pour le pouvoir. Cela nécessite de former des organisations de la base, où la grande masse de la classe ouvrière peut se mobiliser dans des actions militantes et préparer une grève générale pour faire chuter le gouvernement et amener au pouvoir un gouvernement ouvrier.

Plus le mouvement se développe, plus il expose la trahison de la bureaucratie syndicale et de politiciens tels que Jean-Luc Mélenchon. Tous espèrent que le mouvement s’essoufflera.

Les travailleurs ne peuvent pas compter sur les bureaucraties syndicales françaises qui jouent un rôle contre-révolutionnaire. Elles n’offrent aux travailleurs aucune perspective pour vaincre Macron mais ne cessent d’annuler des grèves pour demander une «médiation» avec l’État policier fascisant. Leur incapacité à organiser une grève générale alors qu’elle était réclamée par une large majorité du peuple, et par une large majorité des travailleurs français, montre clairement qu’ils servent à bloquer et à retarder, et non à organiser, les luttes ouvrières.

Le Parti de l’égalité socialiste, section française du Comité international de la IVe Internationale, appelle à la tenue d’assemblées générales sur les lieux de travail et dans les universités à travers la France. Ce permettrait de voter des résolutions qui exigent le retrait de Macron et de ses réformes. A partir de ces assemblées, les travailleurs et les jeunes peuvent former des comités de la base pour coordonner les luttes et préparer une grève générale pour faire chuter Macron.

Surtout, ces comités de base peuvent coordonner les luttes des travailleurs en France avec la vague croissante de grèves et d’opposition politique à l’international. Contre Macron, les meilleurs alliés des travailleurs français sont leurs frères et sœurs de classe dans d’autres pays, qui combattent les mêmes politiques réactionnaires et les mêmes élites financières.

Mobilisés au sein de l’Alliance ouvrière internationale des comités de la base (IWA-RFC) et armés d’une perspective révolutionnaire, ils doivent faire de la lutte pour faire tomber Macron la première étape d’une lutte vise à exproprier l’oligarchie financière au pouvoir et à construire le socialisme.

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